A la fin de l'année 1942, la situation étant devenue invivable à Lyon après que les Allemands aient occupé la ville, Louis
LIEBARD avait pris une décision : celle de poursuivre son expérience musicale hors Lyon et de gagner l'Ardèche. Sous l'autorité du "chef", les cinq inséparables qu'étaient alors Jean-Louis
JAUBERT, Marc HERRAND, Guy BOURGUIGNON, Jean ALBERT et Hubert LANCELOT s'étaient mis au travail et avaient monté un spectacle. Début 1943, forts d'un premier succès obtenu à Tournon, ils
sillonneront l'Ardèche quelques temps avant que Louis LIEBARD les rappelle avec difficulté au Point du Jour. C'est à cette époque que tout a basculé et que les COMPAGNONS DE LA MUSIQUE ont
commencé à vivre des spectacles qu'ils proposaient ça et là.
La jeune troupe s'était entre temps enrichie par l'arrivée de Fred MELLA...
En novembre 1943, ce sera la fameuse représentation donnée au Pathé-Palace de Lyon durant la nuit du cinéma qui leur vaudra d'interpréter Perrine était servante, Au clair de la lune, Vieux
chalet. Inutile de revenir sur cette soirée qui a été abondamment commentée par Fred MELLA, Marc HERRAND et Hubert LANCELOT dans leurs biographies respectives avec cependant quelques
erreurs chronologiques. C'est au terme de cette soirée qu'ils prendront la décision d'accepter l'invitation de Louis SEIGNER de monter à Paris pour... une soirée donnée le 5 avril 1944 à la
Comédie Française au profit des Cheminots.
Jean-Louis JAUBERT, Guy BOURGUIGNON, Marc HERRAND, Jean ALBERT, Hubert LANCELOT, Fred MELLA, Jean VERGNAUD, Paul LEBLOND et Jean VERLINE, COMPAGNONS DE LA MUSIQUE réussiront à convaincre leur
mentor Louis LIEBARD de les laisser partir. On sait que c'est ce soir-là qu'ils rencontreront Edith PIAF pour leur plus grand bonheur. Jo FRACHON et Gérard SABBAT ne faisaient pas encore partie
de l'équipe qu'ils intégreront seulement à partir de la fin 1944.
par L. Petriac
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Vous êtes quelques-uns à vous être demandés pour quelle raison cette séance dédicace d'un ouvrage hommage
avait eu lieu à Lyon et pourquoi dans le quartier du Point du Jour...
Je répondrai que le Point du Jour constitue à mes yeux un quartier mythique, et depuis octobre 2002, qu'il est directement rattaché à l'inauguration de la Place des Compagnons de la Chanson. Il
était donc presque normal que cette manifestation ait lieu à l'endroit qui avait vu naître et se former le groupe.
C'est en effet en 1941 que Louis LIEBARD, sa femme et ses cinq enfants se sont installés dans la maison de la rue de Champvert, au n° 10 qui, à l'époque, portait encore le nom de Chemin de
Champvert, le quartier du Point du Jour n'étant alors que la banlieue de Lyon et non comme il l'est devenu depuis l'un des arrondissements de la métropole rhodanienne. Une grande bâtisse composée
au rez-de-chaussée d'un bureau, celui de Louis LIEBARD, d'un secrétariat, d'un studio de répétition et d'une longue cuisine-office-salle à manger. Au premier étage se trouvaient les appartements
privés de la famille LIEBARD et au dernier de petites chambres mansardées sommairement meublées de châlits, d'armoires bancales et de chaises dépaillées. Ce sont dans ces chambres que les
Compagnons dormaient au nombre d'une vingtaine au début de l'aventure.
Louis LIEBARD, ancien assistant du maître de chapelle de la Cathédrale de Dijon avait une passion dévorante pour la musique et le chant choral et il avait voulu fonder un groupe d'expression
artistique dès 1941 qui comptait des jeunes de 16 à 20 ans qui avaient fui la France occupée et s'étaient retrouvés sans ressources en zone libre. C'est d'un groupe composé au départ
d'éléments venus de tous les coins de France qu'ont été tirés ensuite les futurs COMPAGNONS DE LA MUSIQUE.
LIEBARD qui se faisait appeler "chef" menait sa petite troupe d'une main de fer. Nombreux étaient les appelés et rares étaient les élus qui y demeuraient. Beaucoup n'avaient aucune formation
musicale et les activités de la vie communautaire étaient très dures : au lever du lit, rassemblement dans la parc pour l'appel et le lever des couleurs, les corvées quotidiennes après un petit
déjeuner fait d'ersatz de café et de pain noir. Elles consistaient à un râtissage des allées, le ménage, des travaux de secrétariat et des courses au village pour la nourriture car, à l'époque,
la rue de Champvert n'était pas urbanisée comme elle l'est devenue aujourd'hui.
La discipline de Louis LIEBARD s'exerçait
dès le matin par le cours de solfège et le décrassage des voix par des vocalises. Il tenait à faire partager son amour de la musique, des vieilles chansons et du folklore. Beaucoup plus
exaltants se révélaient être les après-midi où avaient lieu des travaux collectifs de création. Chacun y donnait libre cours à son imagination et la maison résonnait de la folle
activité de jeunes artistes saisis par l'inspiration. C'est à cette époque que s'est révélé le talent de jongleur et de prestidigitateur d'ALBERT, le "petit rouquin" et les goûts de Marc
HERRAND pour l'harmonisation. Les plus anciens du quartier se souviennent des représentations qui étaient données à la salle du Foyer par tous ces joyeux lurons que l'on côtoyait chez les
commerçants ou dans les trolleybus...
(Suite du récit prochainement)
par L. Petriac
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Ce sont les premiers clichés de notre rendez-vous lyonnais...

Rassurez-vous amis Canadiens et des Pays-Bas ou gens venus d'ailleurs qui n'avez pu assister à ce déferlement, et le mot n'est pas trop fort, dès 14 heures à l'Hôtel de Point du Jour à Lyon, au
87 de l'avenue du même nom... D'autres photos et reportages suivront ici comme sur http://compagnons.verclaud.fr avec lequel nous avons monté ce rendez-vous
du Point du Jour qui appellera évidemment d'autres commentaires !
Sur ce premier document, de gauche à droite, vous pouvez voir Yvette GIRAUD l'épouse de Marc HERRAND, puis Marc très affairé et tout à fait à droire notre ami Christian FOUINAT; Ces premiers
documents photographiques sont l'oeuvre de Bernard HELIN de Fuveau (13) l'un de nos plus fidèles amis qui n'a pas ménagé sa peine pour que vous ayez tous, rapidement ces documents.
Pour ceux d'entre vous qui ne connaissaient pas encore l'auteur de ce magnifique travail sur les Compagnons de la Chanson qui, un beau soir de Mars dernier, a pris attache avec nous en Périgord,
ce sera aussi l'occasion de découvrir Christian FOUINAT, retiré près d'Annecy, porteur d'un rêve qui vient de se réaliser : rendre hommage aux talents de ceux que nous avons et continuons
d'aimer.

Gérard SABBAT qui nous avait fait l'amitié d'assister à ce rendez-vous hommage découvre ici, sur l'oeil amusé de Jean CHARRAS des JOYEUX COMPAGNONS, au fond, ce travail de Christian qu'il a
accepté avec toute sa grande gentillesse coutumière de dédicacer plus de quatre longues heures puisque ce n'est que vers 18h45 que les BAYARD de Jean BESACIER interpréteront quelques airs des
Compagnons.

En compagnie de Jean-Marie GAILLARD, Marc HERRAND et Yvette GIRAUD évoquant probablement quelques passages de La route
enchantée qui vaudra à de nombreux Lyonnais de recevoir prochainement l'ouvrage de Marc et Yvette que ceux-ci leur auront commandé...
Je le disai hier dans les quelques lignes d'article qui vous ont été adressées, les mots nous manquent encore pour décrire cette émotion vécue samedi. Ce qui est certain, c'est que ce premier
rendez-vous hommage lyonnais sera suivi par d'autres initiatives tant la ferveur du public lyonnais nous a paru grande à l'idée de pouvoir retrouver quelques visages de ceux qu'hélas nous ne
voyons plus sur nos écrans de télévision et qui ont contribué à écrire « l'une des plus belles
pages de la Chanson Française ».
par B. Helin, L. Petriac
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