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Les marchands de bonheur

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*Le nouveau blog des Compagnons* http://lescompagnonsdelachanson.over-blog.com/


Lundi 18 février 2008 1 18 /02 /Fév /2008 00:01

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9 garçons... un coeur, que les Compagnons ont tourné avec Edith PIAF avant de s'embarquer pour les Etats Unis en octobre 1947 est un autre grand moment des premières années des Compagnons de la Chanson, celui de leurs débuts au cinéma. Dans l'extrait vidéo qui suit, on reconnaîtra attablés au milieu des spectateurs, dès les premières notes de "La vie en rose" : Jean-Louis JAUBERT, Jo FRACHON et, assez hilare Guy BOURGUIGNON. Puis, sur la fin, l'ensemble des Compagnons applaudissant Edith.  
Dans le second extrait que nous nous sommes procurés, elle chante avec eux « C'est pour ça ». On reconnaîtra facilement sur la fin de l'extrait vidéo Fred Mella, Guy Bourguignon, Jean-Louis Jaubert, Jo Frachon et à droite près de Fred notre ami Albert dit "Le rouquin". L'échange des coups d'oeil complices entre Marc Herrand et Paul Buissonneau que l'on aperçoit un court instant à la gauche de Gérard Sabbat et la façon dont les Compagnons couvent du regard leur bienfaitrice valent à eux seuls le détour. Une vidéo de ce film sorti à Paris le 24 Mars 1948 a été éditée que l'on se peut se procurer aux Editions René Chateau. Cet extrait n'a pas perdu une minute de son émotion. Un
 peu plus de trois minutes de pur bonheur !


Publié dans : Vidéos - Par L. Petriac
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Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /Fév /2008 00:01

undefined Je le disai en juin dernier, le livre d'Hubert Lancelot : « Nous, les Compagnons de la Chanson » consacré aux Compagnons a longtemps été l'ouvrage de référence et il l'est resté. 
Il l'est resté malgré la sortie de plusieurs autres biographies parce qu'ici le côté anecdotique fait souvent place à l'émotion et que j'ai eu l'impression de découvrir un homme au travers d'un message. Comme dirait l'ami Christian Fouinat avec lequel je parle souvent de nos Compagnons, « ce bouquin, ça vous remue parfois les tripes ». Oui, moi aussi, ce bouquin m'a remué les tripes ! Et c'est rien de le dire ! Dès le départ ! Ne serait-ce qu'en prenant connaissance des termes de la lettre de notre sympathique Gérard SABBAT à Hubert. Cette lettre touchante est, à mon avis, un des instants les plus poignants et les plus beaux du livre. Surtout quand il dit à son vieux complice lyonnais :  « Mes Compagnons, vous me manquez, et je vous écris car en ce moment j'ai besoin de vous... ». On devine dès lors que la lecture de Nous les Compagnons de la Chanson va être un grand moment ! Même si de l'avis de quelques connaisseurs, il subsiste dans la chronologie ou dans la rédaction quelques erreurs. Mais comment les éviterait-on quand il s'agit de relater quarante années de pérégrinations à travers le monde ! 
J'ai trouvé qu'Il y avait dans cet ouvrage à la fois beaucoup de pudeur et beaucoup de développements de faits dont on a parlé sans jamais s'y attarder comme Hubert s'y est attardé, revenant avec un peu plus de recul sur ce qui s'était parfois passé entre les Compagnons. Il le dit, parlant de ses amis dans les quelques lignes consacrées à la disparition de Guy Bourguignon : « à force de vivre ensemble on ne se voyait plus vraiment, mais Guy, si habituellement obsédé par la maladie ne se plaignait de rien »... Je passerai difficilement sous silence les quelques lignes évoquant le départ de Jean Boussolle, devenu au fil des années complice d'Hubert et tant d'autres points si joliment développés. Oui, si vous n'avez pas encore lu ce livre, lisez-le ! Vous ne le regretterez pas car, au-delà d'une mise en page ordinaire, c'est un grand moment d'émotion...

Louis PETRIAC
 

Pour le commander, nous évoquions d'ailleurs ici même (voir n/article du 5 Juin) ce que l'on devait faire, les Editions AUBIER-ARCHIMBAUD ayant été rachetés par FLAMMARION. 

Publié dans : Livres - Par L. Petriac
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Samedi 16 février 2008 6 16 /02 /Fév /2008 00:01

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C'était hier, 
Ce matin-là
C'était hier
C'est loin déjà
C'était hier
Il y a longtemps...
Peu se souviennent que le nom d'Henri SALVADOR reste attaché à trois titres des Compagnons dont le fameux C'ETAIT HIER, qui est l'un de ceux repris d'ailleurs sur le DVD que vient de concevoir notre ami Claude VERRIER, l'animateur du site musical des Compagnons
. Trois titres (avec Un dimanche dont Marc HERRAND réalisera également l'arrangement puis, en 1958, La guerre en dentelles). Mais, et nous le lui devons bien, revenons sur ce qu'a été le parcours de ce grand bonhomme d'Henri aux rires communicatifs...
Dans l’après-guerre, on s’essayait à tout. Le Be-Bop, bien entendu, les chansons à texte qui dérivaient vite sur la paillardise avec Les
4 barbus, célèbres pour avoir interprété La Pince à linge, l’un des textes les plus hilarants jamais écrits sur le thème de la 5ème de Beethoven et dû au génial Francis Blanche. Mais pour réussir, il fallait faire autre chose. Henri SALVADOR signera la musique de Rock Hoquet... sous le pseudonyme finaud d’Henry Cording. La consécration ne venant qu'après le grand prix de l’Académie Charles Cros pour Parce que ça me donne du courage et Le portrait de tante Caroline qu’il décrochera en 1949 mais qui ne lui procurera pas les ventes espérées. Le Blouse du dentiste, une parodie lancinante de blues rondement menée, créée en 1958 en super 45 tours se vendra difficilement.
A l’aube des années 60, SALVADOR n'était pas assez bellâtre pour jouer les tombeurs, pas assez jazzman pour faire carrière dans le jazz, et pas encore assez amuseur pour vivre de ses disques. Un album en 1955 
avec une belle photo Harcourt de lui reprenait ses succès de 1952, dont Clopin-clopant, C’est le be-bop, et la Biche et le Chevalier (Une chanson douce), mais aussi Maladie d’amour, un clin d’œil exotique et amusé à la négritude. Dans ses tout premiers titres figure Le Collaborationniste, où il s’en prend à Sacha Guitry, dont il moque la diction ampoulée. 
Au seuil des années 60, au lieu de tout brader et vivre une vie de vedette de la chanson (belles voitures, jolies filles, etc.) il investit dans son propre avenir en claquant la porte avec fracas de sa maison de disques qu’il accuse de ne pas s’occuper assez de lui. Un bras d’honneur à Barclay, trop intéressé par ses dividendes l'amène à fonder sa propre société d’édition : Les disques Salvador, distribués par Philips. SALVADOR, rompant la chaîne du profit qui prévaut à l’époque, est mis à l’index de la profession. Devenu un paria, il devra même un peu plus tard construire son propre studio car on ne quitte pas comme ça une maison de disques ! En 1962, premier rêve : Bernard Dimay lui écrit Syracuse, qui le propulse crooner, mais celui qui tirera les marrons du feu est un vieux rival du monde du Jazz à la française : Jean Sablon. Agé de 56 ans, il représente davantage aux yeux du public de l’époque le chanteur attirant les femmes. Avant d'être imité un peu plus tard par Yves Montand. Henri SALVADOR qui sort juste à l'époque son Lion est mort ce soir, une adaptation d’un titre zoulou va enfin devenir célèbre. Personne n’avait pensé à ce titre de Solomon Linda et des Evening Birds de 1939. Toute la France chantonnera "Wimoweh,""Wimoweh". Aux Etats-Unis, Pete Seeger, apôtre de la paix et chanteur engagé puis Myriam Makeba le feront connaître. Pourtant en 1963, en bisbilles avec Philips, SALVADOR est déjà un artiste mort qui y croit cependant encore fondant une nouvelle société. Elle produira le fameux Zorro est arrivé, une adaptation française de titre américain des Coasters, signé Lieber et Stoller ! Comme environ 80 % de tout ce qui sort en "yéyé" cette année là. SALVADOR, ronchon, a enregistré le titre à la va-vite et il n’est pas content du résultat... Pourtant, c’est ce titre qui le propulsera au firmament des ventes. Alors qu'il souhaitait faire de la chanson à texte et des ballades, il se retrouve paradoxalement propulsé vedette du show-biz catégorie clown. De rage, dans les rééditions du 45 t, il fera supprimer la référence au titre ! 
Devenu phénomène télévisuel avec ses pitreries, il restera scotché dans les téléviseurs pendant un bon bout de temps, en ayant l’intelligence de produire lui-même ses émissions (Salves d’or). SALAVADOR est donc devenu un amuseur, mais aussi un homme prévoyant. Son label "Rigolo" engrange directement les revenus de ses passages télés. Si les disques sont éreintés par la critique, il s’en fiche. Il a déjà choisi une voie, celle que d'autres suivront comme Balavoine après avoir connu des déboires avec sa banque, qui lui refusait un prêt de 60 millions de l’époque pour l’achat d’un Synclavier, alors qu’il en ramenait déjà le quadruple par album vendu... SALVADOR raflera un deuxième prix de l’Académie Charles Cros en 1971 pour un album inhabituel et savoureux : la musique du dessin animé Les Aristochats, empreint de jazz... concocté presque seul... A 54 balais, notre bonhomme joue au gamin découvrant les joies du re-recording. Introduit à la télé, il rencontre un autre fêlé, Jean-Christophe Averty, qui avait tant scandalisé avec ses Raisins verts afin de produire un bel hommage à... Boris Vian. 
Les Maritie et Gilbert Carpentier partis, Guy Lux fâché avec tout le monde... SALVADOR disparaît des écrans, fortune faite. Il part jouer à la pétanque en faux dilettante bûcheur pointant comme il mixe : des centaines de fois, avant d’attraper le bon coup de main. Comme il n’y a pas de disque d’or en pétanque, il finit plusieurs fois champion de ligue d’Île-de-France. Cela lui vaudra d'être enterré une deuxième fois par le show-biz, parce que SALVADOR est un ringard jouant aux boules ! 
En novembre 1982, le faux dilettante passe à l’attaque et pointe... soixante concerts d’affilée à Pantin, où le public découvre un SALVADOR quasi inconnu qui n'a plus fait de scène depuis vingt-deux ans. Mais les disques issus des concerts ne se vendant pas. On pense que SALVADOR est définitivement mort pour la chanson à la fin des années 80.
Il attend douze ans et remet ça avec un album qui met tout le monde d’accord refaisant le coup de l’époustouflant Nougayork qui avait relancé la carrière de Nougaro en 1987, lui aussi viré de sa maison de disque (encore Barclay !). Magique ! SALVADOR sait qu’à 77 ans il peut tout se permettre. Il s’attaque même à Layla, d’Eric Clapton buchant en cachette ce que personne ne doit savoir ! Hélas, l’album encensé par la critique ne se vend pas. Mais un vieux lion n’est jamais mort : s’il ferme l’œil c’est pour mieux (re)bondir plus loin. Chez SALVADOR, ça prendra six ans. 
En 2000, il assomme définitivement ces adversaires avec SON chef-d’œuvre : Chambre avec vue concocté et ciselé par Marc Domenico, en cheville avec un hyper-doué encore trop méconnu de la chanson française : Art Mengo. La maquette originale est signée Keren Ann Zeidel et Benjamin Biolay et comprend une chanson écrite par SALVADOR quarante ans auparavant qui n’avait jamais trouvé jusqu’ici de producteur : La Muraille de Chine. Avec 1,5 million d’exemplaires, SALVADOR a gagné son long combat contre le show-biz en prouvant l’immensité de son talent et sa justesse de vue pour être devenu très tôt indépendant. Interviewé par un journal, il avoue que c'est le disque dont il rêvait. Il aura mis 83 ans pour réaliser un rêve, et on ne pourra pas dire que notre (grand) bonhomme n’était pas têtu et que le show-biz l’a vraiment aidé durant toute sa vie. L’interview se termine par un abrupt : "Comment voyez-vous votre mort ? auquel notre enchanteur, "dont le grand plaisir était de faire des jolies choses", réponds par un "Je ne me vois pas mourir !". Le problème, c’est que nous non plus, Henri. Et c'est pour ça qu'on a du mal à croire que tu nous ai quittés !
 

Publié dans : eux et les Compagnons... - Par Agora Vox, L. Petriac
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