Les marchands de bonheur
*Le nouveau blog des Compagnons* http://lescompagnonsdelachanson.over-blog.com/

MES FIDELITES
de Daniel SAURFELD
Ils sont tous là !... Enfin, presque ! Cliquez et laissez aller les souvenirs...!
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C'était hier,
Ce matin-là
C'était hier
C'est loin déjà
C'était hier
Il y a longtemps...
Peu se souviennent que le nom d'Henri SALVADOR reste attaché à trois titres des
Compagnons dont le fameux C'ETAIT HIER, qui est l'un de ceux repris d'ailleurs sur le DVD que vient de concevoir notre ami Claude VERRIER, l'animateur du site
musical des Compagnons. Trois titres (avec Un dimanche dont
Marc HERRAND réalisera également l'arrangement puis, en 1958, La guerre en dentelles). Mais, et nous le lui devons bien, revenons sur ce qu'a été le parcours de ce grand
bonhomme d'Henri aux rires communicatifs...
Dans l’après-guerre, on s’essayait à tout. Le Be-Bop, bien entendu, les chansons à texte qui dérivaient vite sur
la paillardise avec Les 4
barbus, célèbres pour avoir interprété La Pince à
linge, l’un des textes les plus hilarants jamais écrits sur
le thème de la 5ème de Beethoven et dû au génial Francis Blanche. Mais pour réussir, il fallait faire autre chose. Henri SALVADOR signera la musique de Rock
Hoquet... sous le pseudonyme finaud d’Henry Cording. La consécration ne
venant qu'après le grand prix de l’Académie Charles Cros pour Parce que ça me donne du courage et Le portrait de tante Caroline qu’il décrochera en 1949 mais qui ne lui
procurera pas les ventes espérées. Le Blouse du dentiste, une parodie lancinante de blues rondement menée, créée en 1958 en super 45 tours se vendra difficilement.
A l’aube des années 60, SALVADOR n'était pas assez bellâtre pour jouer les tombeurs, pas assez jazzman pour faire carrière dans le jazz, et pas encore assez amuseur pour vivre de ses
disques. Un album en 1955 avec une belle photo Harcourt de lui reprenait
ses succès de 1952, dont Clopin-clopant, C’est le be-bop, et la Biche et le Chevalier (Une chanson douce), mais aussi Maladie d’amour, un clin d’œil exotique et
amusé à la négritude. Dans ses tout premiers titres figure Le Collaborationniste, où il s’en prend à Sacha Guitry, dont il moque la diction ampoulée.
Au seuil des années 60, au lieu de tout brader et vivre une vie de vedette de la chanson (belles voitures, jolies filles, etc.) il investit dans son propre avenir en claquant la porte
avec fracas de sa maison de disques qu’il accuse de ne pas s’occuper assez de lui. Un bras d’honneur à Barclay, trop intéressé par ses dividendes l'amène à fonder sa propre société
d’édition : Les disques Salvador, distribués par Philips. SALVADOR, rompant la chaîne du profit qui prévaut à l’époque, est mis à l’index de la profession. Devenu un paria, il
devra même un peu plus tard construire son propre studio car on ne quitte pas comme ça une maison de disques ! En 1962, premier rêve : Bernard Dimay lui écrit Syracuse,
qui le propulse crooner, mais celui qui tirera les marrons du feu est un vieux rival du monde du Jazz à la française : Jean Sablon. Agé de 56 ans, il représente davantage aux yeux du
public de l’époque le chanteur attirant les femmes. Avant d'être imité un peu plus tard par Yves Montand. Henri SALVADOR qui sort juste à l'époque son Lion est mort ce
soir, une adaptation d’un titre zoulou va enfin devenir célèbre. Personne n’avait pensé à ce titre de Solomon Linda et des Evening Birds de 1939. Toute la France chantonnera
"Wimoweh,""Wimoweh". Aux Etats-Unis, Pete Seeger, apôtre de la paix et chanteur engagé puis Myriam Makeba le feront connaître. Pourtant en 1963, en bisbilles avec Philips,
SALVADOR est déjà un artiste mort qui y croit cependant encore fondant une nouvelle société. Elle produira le fameux Zorro est arrivé, une adaptation française de
titre américain des Coasters, signé Lieber et Stoller ! Comme environ 80 % de tout ce qui sort en "yéyé" cette année là. SALVADOR, ronchon, a enregistré le titre à la va-vite et il n’est pas
content du résultat... Pourtant, c’est ce titre qui le propulsera au firmament des ventes. Alors qu'il souhaitait faire de la chanson à texte et des ballades, il se retrouve
paradoxalement propulsé vedette du show-biz catégorie clown. De rage, dans les rééditions du 45 t, il fera supprimer la référence au titre !
Devenu phénomène télévisuel avec ses pitreries, il restera scotché dans les téléviseurs pendant un bon bout de temps, en ayant l’intelligence de produire lui-même ses émissions (Salves
d’or). SALAVADOR est donc devenu un amuseur, mais aussi un homme prévoyant. Son label "Rigolo" engrange directement les revenus de ses passages télés. Si les disques sont éreintés
par la critique, il s’en fiche. Il a déjà choisi une voie, celle que d'autres suivront comme Balavoine après avoir connu des déboires avec sa banque, qui lui refusait un prêt
de 60 millions de l’époque pour l’achat d’un Synclavier, alors qu’il en ramenait déjà le quadruple par album vendu... SALVADOR raflera un deuxième prix de l’Académie Charles Cros en 1971
pour un album inhabituel et savoureux : la musique du dessin animé Les Aristochats, empreint de jazz... concocté presque seul... A 54 balais, notre bonhomme joue
au gamin découvrant les joies du re-recording. Introduit à la télé, il rencontre un autre fêlé, Jean-Christophe Averty, qui avait tant scandalisé avec ses Raisins verts afin de produire
un bel hommage à... Boris Vian.
Les Maritie et Gilbert Carpentier partis, Guy Lux fâché avec tout le monde... SALVADOR disparaît des écrans, fortune faite. Il part jouer à la pétanque en faux dilettante
bûcheur pointant comme il mixe : des centaines de fois, avant d’attraper le bon coup de main. Comme il n’y a pas de disque d’or en pétanque, il finit plusieurs fois champion de ligue
d’Île-de-France. Cela lui vaudra d'être enterré une deuxième fois par le show-biz, parce que SALVADOR est un ringard jouant aux boules !
En novembre 1982, le faux dilettante passe à l’attaque et pointe... soixante concerts d’affilée à Pantin, où le public découvre un SALVADOR quasi inconnu qui n'a plus fait de scène
depuis vingt-deux ans. Mais les disques issus des concerts ne se vendant pas. On pense que SALVADOR est définitivement mort pour la chanson à la fin des années 80.
Il attend douze ans et remet ça avec un album qui met tout le monde d’accord
refaisant le coup de l’époustouflant Nougayork qui avait relancé la carrière de Nougaro en 1987, lui aussi viré de sa maison de disque (encore Barclay !). Magique !
SALVADOR sait qu’à 77 ans il peut tout se permettre. Il s’attaque même à Layla, d’Eric Clapton buchant en cachette ce que personne ne doit savoir ! Hélas, l’album
encensé par la critique ne se vend pas. Mais un vieux lion n’est jamais mort : s’il ferme l’œil c’est pour mieux (re)bondir plus loin. Chez SALVADOR, ça prendra six ans.
En 2000, il assomme définitivement ces adversaires avec SON chef-d’œuvre : Chambre avec vue concocté et ciselé par Marc Domenico, en cheville avec un hyper-doué encore trop
méconnu de la chanson française : Art Mengo. La maquette originale est signée Keren Ann Zeidel et Benjamin Biolay et comprend une chanson écrite par SALVADOR quarante ans
auparavant qui n’avait jamais trouvé jusqu’ici de producteur : La Muraille de Chine. Avec 1,5 million d’exemplaires, SALVADOR a gagné son long combat contre le show-biz en
prouvant l’immensité de son talent et sa justesse de vue pour être devenu très tôt indépendant. Interviewé par un journal, il avoue que c'est le disque dont il rêvait. Il aura mis 83
ans pour réaliser un rêve, et on ne pourra pas dire que notre (grand) bonhomme n’était pas têtu et que le show-biz l’a vraiment aidé durant toute sa vie. L’interview se termine par un
abrupt : "Comment voyez-vous votre mort ? auquel notre enchanteur, "dont le grand plaisir était de faire des jolies choses", réponds par un "Je ne me vois pas
mourir !". Le problème, c’est que nous non plus, Henri. Et c'est pour ça qu'on a du mal à croire que tu nous ai quittés !
Par vos nombreux commentaires, et je m'en félicite, vous êtes intervenus dernièrement sur notre site pour donner votre
sentiment à propos d'un événement ou d'une attente. C'est une chose. La seconde serait maintenant que nous puissions réfléchir au fait d'échanger, ensemble, des connaissances et des
documents. Ceux qui attendent de trouver sur cet espace les renseignements et les illustrations qu'ils y cherchent seraient ravis.
C'est vrai, c'est un constat et je le déplorai voici quelques jours, peu d'admirateurs
dépositaires de connaissances pointues sur les Compagnons interviennent, déçus peut-être comme l'a affirmé l'un d'entre nous "de ne servir à rien". Cela, je le déplore, car le propre de ce site
c'est aussi de rassembler tous les admirateurs et de faire en sorte que chacun soit satisfait de la façon dont sont abordés les nombreux points développés.
Pour l'admirateur
déçu avec lequel j'ai eu l'occasion de m'entretenir ce qui est le plus important, c'est d'oeuvrer pour une bonne transmission de la mémoire des
Compagnons. Il me semblait que tout cela devait être dit de façon à ce que nous puissions tous réfléchir à une nouvelle façon d'aborder les choses. Mais, je
vous rassure, sans pour autant vous inviter à abandonner l'humour qui, effectivement, permet de donner une autre couleur à nos journées ! Surtout que nous en avons grandement besoin
!
Louis PETRIAC
Si nous avons une pensée émue pour les nombreux Valentin et Valentine (pas trop ripolinées) en cette fête incontournable des amoureux,
nous en avons aussi une seconde (elle est avouable quoique...) en ce 14 Février 2008 !
Et oui, l'auriez-vous oublié fidèles admirateurs qui lisez régulièrement nos divagations ou autres traits d'esprit, c'est en effet un quatorze Février, voici soixante-deux ans, que huit
garçons débordant d'enthousiasme décidaient de rompre avec l'organisation de leur mentor Louis LIEBARD et de se regrouper sous le nom de COMPAGNONS DE LA CHANSON ! Nous avions du reste
consacré un article à cette passe d'armes le 6 janvier dernier.
C'est effectivement un 14 février que l'heure de la fronde a sonné ! Alors que les Compagnons de la Musique résidaient à Ville d'Avray, à quelques kilomètres du Paris de leurs premières conquêtes
et que l'année 1945 s'était achevée dans un climat de tension extrême. Comme si Louis LIEBARD avait deviné que les jours de son tutorat étaient comptés... L'homme semblait d'ailleurs
redouter ce qui allait se passer... et la scission qui s'opéra. C'est la thèse que défend Hubert LANCELOT dans son « Nous, les Compagnons de la Chanson ». Ce que confirment
également la série de tractations qu'il avait menées et dignes, de l'avis de Marc HERRAND, d'un remaniement ministériel puisque le "chef" en avait convié quelques-uns à déjeuner chez
lui à Viroflay avec le souci de les ménager un peu plus et de leur accorder davantage de prérogatives artistiques.
Et, c'est également un quatorze Février... en 1985, que huit Compagnons (pas tous présents lors de la constitution du groupe en 1946) ont arrêté de se produire en représentation
! Trente-neuf ans après ! Ceux qui assistaient à ces adieux sans retour à Nogent sur Marne au Pavillon Baltard doivent s'en souvenir encore ! D'autant qu'une autre version prenant ses
fondements dans une biographie a circulé quelque temps soulignant que la dernière représentation des Compagnons avait eu lieu le 15 Mars 1985* !
* Nous, les Compagnons de la Chanson, par Hubert LANCELOT.
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