Nous avons évoqué voici quelques jours la sortie d'une
biographie consacrée à Charles AZNAVOUR : "Passionnément" qui doit sortir dans quelques jours. Intéressant dans la mesure où nous nous rappelons des liens qu'entretenaient les COMPA-GNONS DE LA
CHANSON avec Charles. Bruno MALLET s'en est entretenu pour nous avec l'auteure Caroline Réali. En voici quelques extraits.
Pourriez-vous vous présenter en quelques mots… ?
Caroline Réali : " A vrai dire, je suis issue d’une sacrée famille. Une lignée d’artistes compose mon
arbre généalogique, plusieurs générations dans le spectacle. Le théâtre, la chanson, la danse sont tombés dans mon escarcelle, j’y ai ajouté des études classiques qui m’ont donné le goût de
l’écriture. De coulisses de music-hall en plateaux de théâtre, j’ai observé, fait des rencontres, tissant naturellement une véritable toile relationnelle, de chanteurs, comédiens, musiciens,
techniciens qui, au fil des ans, m’ont fait confiance. Je me sens très influencée par la tradition familiale, et comme mes parents sont également biographes, j’ai souhaité me lancer "dès que j’ai
eu cinq minutes" en écrivant la biographie de Gérard Depardieu ! Mais oui, je n’ai pas choisi la carrière la plus mince…, l’artiste non plus d’ailleurs…, mais je dois dire que j’ai trouvé
cette expérience passionnante, formidable sensation de se retrouver sur la scène du Théâtre Français ou reçue au Sénat pour recueillir des témoignages. Ces premiers pas m’ont comblée. Mon
deuxième livre concernait la formidable aventure des Bronzés. Normal ! Leur histoire, au lycée Pasteur, a commencé l’année de ma naissance, et leurs films "cultissimes" ont émaillé mon
enfance. Pour Sardou, que j’ai également écrit en collaboration avec Annie Réval, c’est autre chose, plutôt sa génération à elle, mais quelle carrière époustouflante rejoignant les deux domaines
qui m’intéressent : la chanson et le théâtre… Et puis Aznavour enfin… passionnément, certes, mais
sans complaisance ! "
Pourquoi un livre consacré à Charles
Aznavour ?
Caroline Réali : " Ecrire sur Aznavour (l’un des derniers géants de la chanson) était une évidence. J’ai
grandi auprès de mes parents, aux rythmes des succès de Bécaud, Aznavour, Barbara, Goldman, Nougaro… Alors, après le livre "L’ombre et la lumière, Michel Sardou", j’ai décidé avec enthousiasme de
m’attaquer à la lumière et l’ombre d’Aznavour ! "
La
biographie bénéficie d’une prestigieuse préface, celle de Paul Mauriat. Pouvez-vous nous en parler ?
Caroline Réali : " J’ai fait la connaissance de Paul Mauriat, un soir, au dernier étage de la Sacem, à
Neuilly, lors d’une soirée consacrée à Gilbert Bécaud. Bien après, j’ai appris son parcours et découvert qu’il était connu dans le monde, que ce soit au Japon, en Russie ou aux U.S.A., avec son
grand orchestre. Mes parents le connaissaient bien, et c’est bien volontiers qu’il a accepté de signer la préface de ce livre, en souvenirs des titres "historiques " qu’il a orchestrés pour
Aznavour, essentiellement dans les années soixante ("Tu t’laisses aller, Je m’voyais déjà, La mamma, Que c’est triste Venise, Hier encore, Paris au mois d’août",
etc.). "
Dans votre ouvrage, vous évoquez des
textes de Georges Brassens, mis en musique par Aznavour, particulièrement une chanson interprétée par Fred Mella ?
Caroline Réali : " J’ai découvert qu’à la mort de Brassens, Aznavour avait souhaité mettre en musique et
interpréter quelques uns de ses textes inédits. Jacques Caillard, président directeur général de l’époque chez Philips, lui avait appris que Jean Bertola, un ami de Georges, venait de réaliser ce
projet. Charles a toujours dans ses tiroirs des chansons à faire rêver les admirateurs des deux artistes. Parmi elles, une seule, "L’arc-en-ciel d’un quart d’heure" a vu le jour, enregistrée par
Fred Mella. "
Avez-vous vu Les Compagnons de la
Chanson sur scène, ils étaient des amis de la première heure de Charles Aznavour, aux côtés d’Edith Piaf ?
Caroline Réali : " J’étais trop jeune pour assister à leurs concerts. Toutefois, mes grands parents et parents les ont souvent engagés, bien avant ma
naissance. Ils m’ont raconté leurs spectacles. Ma famille travaillait souvent en relation avec Marcel Chanfreau, qui était, pendant très longtemps, leur agent. On le sait, Les Compagnons ont
souvent créé ou repris des titres d’Aznavour : "Une enfant, La Mamma, La Costa Brava, Y’a rien à faire, Les vertes années, Les comédiens, Un mexicain, Un jour ou l’autre, Camarade, Ce n’est
pas un adieu", etc., et les premières œuvres, écrites avec Pierre Roche. "
Nous avons relevé, entre autres, la collaboration de Bernard Réval. De la même façon, sur votre livre
précédent (Michel Sardou, l’ombre et la lumière), nous avions noté la co-signature d’Annie Réval. On peut en parler… ?
Caroline Réali : " Je croyais que vous aviez compris... Ils sont tous les
deux sur mon fameux arbre généalogique, juste la branche au-dessus ! "
Après votre travail sur Michel Sardou, avez-vous remarqué des similitudes entre les deux artistes ?
Caroline Réali : " La pugnacité, le talent, le professionnalisme me
paraissent les mots clés. On ne peut pas parler véritablement de "plan de carrière " (Aznavour s’en défend, et pourtant…). Les deux artistes ont, de tout temps, "délégué" : ils ont su
s’entourer d’hommes de confiance qui connaissent parfaitement leur métier, sur les plans éditoriaux, financiers, contractuels, etc.. Bien sûr, personne n’est parfait. Dans "Charles Aznavour,
passionnément", j’ai voulu mettre en lumière les traits de caractères de l’artiste, mais l’homme m’a surtout intéressée…"
Après avoir travaillé pendant des mois sur cet ouvrage (un pavé de 400 pages…
comportant aussi de nombreuses annexes et deux magnifiques cahiers photos), le personnage de Charles Aznavour ne doit plus avoir de secrets pour vous. A travers plus de cinquante témoignages
exclusifs, on découvre une multitude d’anecdotes, totalement inédites. Quelles impressions personnelles avez-vous, aujourd’hui, de l’artiste, de
l’homme ?
Caroline
Réali : " Le lecteur ne s’attarde pas sur les états d’âme de l’auteur, il veut plutôt découvrir ou redécouvrir le dernier géant de
la chanson, et là, je vous assure qu’il ne sera pas déçu. Le récit se lit finalement comme un roman : proches, amis, auteurs, compositeurs, comédiens, réalisateurs, comédiens, techniciens,
musiciens,..., tous se sont livrés comme ils ne l’avaient jamais fait par le passé. Charles Aznavour, ne l’oublions pas, est aussi un être humain et un personnage pétri de contradictions
avec des qualités exceptionnelles, mais aussi des failles nombreuses, des réactions tellement prévisibles ou parfaitement inattendues qui donnent souvent à réfléchir. Il est sur un véritable
piédestal. Je n’ai pas cherché à l’en faire tomber, mais à aller plus profond que la simple apparence. Je me suis employée à analyser cette réussite et l’homme qui se cache derrière, complexe…,
très complexe. J’ai vraiment travaillé… passionnément ! "
" Charles Aznavour, passionnément " a été écrit par Caroline Réali, en collaboration avec Bernard Réval,
préface de Paul Mauriat). City Editions
http://www.livres-artistes.fr
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